c’est quoi au juste une musique d’ascenseur ?
Parfois quand je demande à des clients leur avis sur un son très calme sans beaucoup d’aspérité, ils me parlent de musique d’ascenseur. Vous l’avez tous dit au moins une fois dans votre vie.
Mais c’est quoi au juste une musique d’ascenseur ?
Celle qu’on entend partout et finalement, assez peu dans les ascenseurs. On l’entend dans les lounge d’hôtel, les toilettes d’aéroports, les parkings, les centres commerciaux, alors pourquoi l’appelle-t-on ainsi ?
La « musique d’ascenseur » c’est une musique qui semble anodine, qu’on entend sans écouter.
Elle est juste là pour habiller un espace vide. L’espace du quotidien, avec ses trous et ses attentes. Certains ont horreur du vide, les mêmes qui n’aiment pas les blancs. On a besoin de se rassurer.
A l’origine donc, elle sert à rassurer. Le son rassure, le silence « peut » effrayer.
Au début du 20ème siècle, les ascenseurs sont une technologie nouvelle. Beaucoup de gens craignent de tomber, de rester coincés lors d’une panne. La musique est donc là pour réduire l’anxiété.
Dans les années 30, une entreprise américaine invente la « Muzak », un terme dérivé du nom d’une marque de disque spécialisée. Il désigne de manière péjorative une musique de fond sans véritable saveur et par la suite, une musique spécialement designée pour accompagner les lieux publics.
Son objectif ? Être présente sans attirer l’attention
La « Muzak » devient vite une musique fonctionnelle. Dans les usines et les bureaux, elle est utilisée pour réduire la fatigue, lutter contre l’ennui et améliorer la productivité.
Dans les années 60, elle envahit les lieux du quotidien : supermarchés, banques, restaurants, centres commerciaux, aéroports… bref, elle devient la bande-son de la société de consommation (autant qu’elle se consomme d’ailleurs).
Aujourd’hui, cette musique existe encore, mais sous une autre forme, les playlists d’ambiance qu’on retrouve sur les plateformes de streaming.
Musique pour travailler, musique pour étudier, musique pour dormir, musique pour b… pardon.
Ce qu’on appelle aussi le « Easy listening » est une musique conçue finalement pour ne pas être écoutée, mais cumule aujourd’hui des milliards de streams sur les plateformes… paradoxalement 🙂