Sommes-nous malentendants ?
Sommes-nous tous devenus des sourdingues ?
Passionné de cinéma (et de son, évidemment), nous avons de plus en plus de peine à saisir les dialogues des films que nous regardons à la télévision.
Réflexe pavlovien, dès les premiers mots, j’augmente le volume pour bien les entendre, jusqu’au moment où, dans une scène spectaculaire, la maison tremble sous l’effet d’une explosion à l’écran. Je baisse alors à nouveau, pour finir par ne plus entendre aussi bien les voix, alors j’augmente et… Bref, le réglage impossible.
Cela vous est-il déjà arrivé ?
Et pourtant, vous avez peut-être parfaitement entendu les contenus et les publicités qui précédaient le film. Autre constat, saisissez-vous plus facilement les dialogues de films anciens ?
Les films de la Nouvelle-Vague par exemple étaient travaillés en prise de son direct et non en post-synchronisation. Il suffit de réécouter certains extraits de films pour mesurer le chemin parcouru.
Dans les films de Claude Sautet (dont on fait référence ces derniers jours avec la pub Intermarché sur le repas familial du dimanche), on entendait distinctement dans un restaurant, Romy Schneider répondre à Michel Piccoli dans Les Choses de la Vie, tout en entendant les serveurs de la brasserie, les fourchettes et les verres qui se cognent.
Par rapport à de nombreux films plus récents, les dialogues étaient limpides 💬 .
Manifestement, ce problème est bien identifié et les plateformes s’en sont saisi. Prime Video a notamment lancé une fonction appelée « Dialogue Boost ». Développée initialement pour les malentendants (ne rions pas), elle apporte aujourd’hui un confort normal juste légitime. Netflix quant à lui propose de passer d’une version audio 5.1 à stéréo. Tiens, tiens…
Alors comment en sommes-nous arrivés là ? La réponse est bien sûr «un peu» technique et «un peu» comprise dans la position de Netflix.
En passant du grand écran de cinéma à l’écran de télévision, la bande-son à plusieurs couches, prévue pour des salles équipées en multiples haut-parleurs, se trouve ainsi compressée dans un double canal stéréo, gauche et droite classique. La piste sonore des dialogues se trouve alors excessivement sous-pondérée, CQFD.
Même constat pour les DVD ou les plateformes de SVOD qui reproduisent le mixage prévu pour une salle de cinéma ; sur une télé classique à son stéréo 📺 , les voix sont noyées.
De l’importance chez LE REUZ de la phase de mixage dans nos créations sonores.
Pour la création d’une identité sonore de marque par ex. elle doit pouvoir «sonner» et s’adapter sur tous les points de contacts audio ; du vieux poste radio de la cuisine 📻 , au téléphone portable plus ou moins récent à la salle de convention lors d’un évènement pour bien se faire entendre… bien entendu.