Les Jean-Louis Murat de l'identité sonore

05/07/2018

Il y a de cela une dizaine d’année peut-être, alors que j’écoutais France Inter (juste pour placer le mot France Inter et gagner en légitimité) étaient reçus sur le plateau deux artistes français, venus parler chacun de leur nouvel album paru ou à paraître. Derrière les micros, Zazie et Jean-Louis Murat.

 

Et là j’ai assisté à un fabuleux moment de radio qui bouscula (un peu) ma façon de voir les choses.

 

Zazie commença à parler de son album – elle ajouta avec emphase qu’elle avait tout donné dans cet album, qu’elle avait mis plus d’une année à l’écrire et le réaliser, blah blah blah, qu’elle avait truffé son œuvre de plein de petits sons, qu’elle avait fait, défait pour avoir un résultat optimal etc.

 

C’est alors que Jean-Louis Murat lui coupa assez sèchement la parole, et avec la gouaille qu’on lui connait, lui assena un : « non mais attends, mais qu’est-ce tu racontes ? faut 15 jours pour faire un album ! 1 semaine pour l’écrire et une autre pour l’enregistrer ». Là-dessus Zazie quelque peu déstabilisée, ne se démonta pas et renouvela sa position, mais rien n’y fit. Pour Jean-Louis Murat, une bonne chanson c’est quand elle reprise en haut de l’échelle sifflotée par un peintre en bâtiment. Pour lui, on compose de la musique comme un ouvrier qualifié fait sa journée de travail de 7 heures.

 

Je ne pense pas qu’il faille spécialement opposer les 2 positions, mais la réflexion de Jean-Louis Murat a permis de réellement démystifier le processus et de ne plus faire croire à de nombreuses personnes novices que la musique était un travail hautement complexe et de longue haleine réservé à des artistes perchés. Comme l’identité graphique, l’identité musicale est le fruit, certes, d’une réflexion importante, parfois longue, pour la compréhension d’une marque, mais la production musicale ensuite, c’est un peu comme suivre une recette avec tous les ingrédients.

 

Dans ce sens, on est plus proche de l’artisanat et du travail bien fait, que d’une forme d’esbrouffe intellectuelle.

 

Cette forme de spontanéité, pour ne pas dire de probité, a profondément modifié notre manière de travailler.

 

Aujourd’hui, quand il s’agit d’aborder l’idée d’une composition d’une identité musicale de marque, nous privilégions la simplicité, l’immédiateté et l’échange collaboratif ; ce qui a débouché sur un « atelier collectif de création »

 

Comment ? en permettant de 100 à plus de 1 000 de collaborateurs de faire-part de leur émotion par le vote via une application mobile réunis en agora.

 

Sur scène, un facilitateur, un arrangeur, un studio mobile. Pour réussir à impliquer ce millier de personnes en même temps, le vote permet de décider sur tout ce qui va être entrepris lors de l’atelier (positionnement, territoire sonore, rythmique, mélodie etc.) et d’agir sur la création live.

 

Pas besoin d’être musicien ! L’approche est directe. On essaye, on écoute, cela sonne ou pas.

 

Ce qui est fort, c’est de se dire au final : Créer une identité sonore de marque en 2 heures (maquette) avec un ordinateur et un clavier, et tout le monde y aura contribuer !

 

Et voilà, on aura mis 2 heures pour écrire ce billet… mais 2 semaines à le phosphorer.

 

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